Vous êtes ici

CoDT et enseignement secondaire : semaine à l’INDA

Chargée par le ministre Carlo Di Antonio d’une mission de sensibilisation au CoDT auprès des citoyens, la MURLA a profité d’une demande d’animation de Raphaël Gigi, professeur à l’Institut Notre Dame d’Arlon pour parler de la législation en aménagement du territoire à plus de 200 élèves du premier degré de l'enseignement secondaire, répartis en dix classes.

Du lundi 27 au vendredi 31 mars, l’exposition « Bâtisses au pays des merveilles » a été utilisée comme support de cette semaine d’animation. En effet, à travers ses « mondes », l’expo permet d’aborder successivement l’évolution durable d’un village, les notions de densité, de services, d’accessibilité… et la thématique du logement en lien avec l’urbanisme et l’architecture. Pour être en adéquation avec les séquences de cours vues en EDM (Etude du milieu) et permettre d’évoquer les outils du CoDT, l’animation a été adaptée préalablement par les animateurs de la MURLA

       

Créer un nouveau quartier dans un village ? De prime abord, cela semble facile mais lorsqu’il faut mettre tout le monde d’accord les choses se compliquent un peu. Comment concrétiser le rêve de chacun en termes d’habitation ?

        « Il faut des quartiers pour les riches » ;
        « Le mitoyen, les gens n’aiment pas cela, il ne faut pas en mettre » ;
        « Moi, j’ai envie d’un grand jardin » ;
        « Et si on faisait des appartements pour les jeunes ou les plus vieux ? »

Va-t-on aller au-delà de l’accueil de nouvelles familles ? Va-t-on proposer d’autres fonctions ? Pourquoi pas un hôtel, un centre commercial ou un cinéma… Mais est-ce raisonnable en milieu rural ? Certains élèves ayant précédemment assisté à l’animation lorsqu’ils étaient élèves à Waltzing ou à l’école communale de la rue de Neufchâteau à Arlon se souviennent… Non, le centre commercial n’est pas adapté ici. D’un point de vue énergétique, il faut construire en utilisant la rose des vents et en mitoyenneté. Oui mais pas trop s’exclament certains.
Ces quelques réflexions permettent d’introduire la notion de développement durable et de faire comprendre l’importance qu’il revêt aujourd’hui, même en aménagement du territoire.

Et maintenant place au CODT. Si les élèves ont pu laisser libre cours à leur imagination durant la première partie de l’activité, les animateurs leur expliquent que le territoire c’est comme la route. Pour que chacun puisse en tirer parti sans gêner tout autre utilisateur, il y a un code. Ici, il est appelé Code du développement territorial. Il propose des outils permettant d’aménager le territoire à l’échelle régionale, communale ou encore locale. Et maintenant, il va falloir revoir le projet d’aménagement du village en tenant compte de l’un de ceux-ci : le plan de secteur.
Les choses se compliquent pour nos aménageurs en herbe…

         « Pour garder son indépendance (comprendre pavillonnaire et rester dans
            le cadre), on est obligé de faire plus d’appartements » ;
         « Si j’étais le chef du village, je comblerais tous les trous » ;
         « Avec votre plan, vous brimez ma créativité » ;
         « On ne peut plus construire de nouvelle route, c’est trop cher ».

S’il est vrai que les nouveaux plateaux aménagés se ressemblent davantage, force est de constater que personne n’a osé sortir du cadre, même en motivant son choix.

     

Imaginer la maison de ses rêves ? Si les élèves comprennent que nos maisons dépendent d’un certain nombre de facteurs comme par exemple la localisation du bâtiment et l’importance des matériaux locaux, tous sont d’accord, la maison de leur rêve n’est pas celle qu’ils habitent aujourd’hui.
Les animateurs leur proposent alors de choisir la maison de leur rêve parmi un panel de photos. Résultats : beaucoup aimeraient avoir une maison atypique ou très contemporaine, quelques-uns ont encore une âme d’enfants et se verraient bien propriétaires d’un château. Et lorsqu’ils répondent au quizz « Dis-moi où tu veux vivre », la plupart envisagent d’habiter à la campagne, dans une grande maison avec un jardin et si possible loin de ses voisins.
Si aujourd’hui, ces élèves sont conscients qu’il y a une différence entre leur rêve et la réalité, ils devront demain penser développement durable.

Une expérience à reproduire ?
Lorsqu’il s’agit de rêver à la maison idéale, les jeunes citoyens oublient vite les intérêts collectifs du développement durable au profit des souhaits individuels. Le constat n’est pas neuf mais il implique vigilance et insistance de la part des enseignants comme des animateurs. A cette difficulté, s’ajoute la nécessaire adéquation entre les programmes scolaires et la réalité de la législation en aménagement du territoire : imagination et créativité sont aussi requises pour atteindre cet objectif.
Mais à côté de ces réalités qui demandent une constante adaptation des outils et techniques d’animation, l’enthousiasme est toujours bien d’actualité au sein de la MURLA : les réparties des enfants et jeunes adolescents ainsi que leur spontanéité sont une source inépuisable de motivation…